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Un projet de Notre Histoire

Mémoire sur l'origine de la Confrérie des Vignerons

14 février 1789
Vevey
Confrérie des Vignerons

Peu de temps avant la rédaction de ce mémoire, une commission avait été créée à l'interne du Conseil de la Confrérie des Vignerons afin de répondre à une réquisition (question) de la part du Bailli de Vevey au sujet des origines de la société veveysanne.

Le texte est consigné dans le 3e Manual de la Confrérie des Vignerons en date du 14 février 1789, des pages 85 à 88. Le texte est ici simplement recopier sans adaptation de textuelle ou orthographique.

Teneur du Mémoire

[85] Le Conseil de la Louable Confrairie des Vignerons ayant été instruit par Monsieur le Conseiller De Lom Président de dite Abbaye, sous le titre de Révérend Abé, que nôtre Très Noble et Magnifique Seigneur Baillif (de Watteville, selon Sabine Carruzzo) l’avoit fait requérir de lui donner une Connoissance 1° de l’origine de cette société, 2°des Sanctions qu’elle peut avoir reçues, 3°de ses Réglements soit usages et de son utilité. Le dit Conseil qui désire ardemment de trouver des occasions de manifester à Notre Très Noble et Très Honnoré Seigneur Baillif son entière confiance et son respectueux dévouement, s’est empressé de répondre à ses désirs, et voici ce qu’il peut avoir l’honneur de lui exposer :

Quant à l’origine de cette Confrairie, qu’elle paroit être de la plus haute antiquité et se perdre dans la nuit des temps. Que l’on est porté à placer sa naissances aux fêtes appelées aloennes célébrées à l’honneur de Bacchus et de Cérès ; le Christianisme en s’établissant a détruit l’Idôlatrerie, et que que la Réformation ait abattu toutes les Images des Saints, cette confrairie a conservé Saint Urbain son [86] Patron, qu’elle porte encore en Procession avec Bacchus et Cérès chaque fois qu’elle fait sa Parade.

Il est vraisemblable que la malheureuse incendie qu’essuya cette Ville en 1688 lui a consumé ses archives, tellement qu’il ne reste rien de plus ancien sur ses Registres que l’an 1644, mais ce même Registre paroit indiquer qu’il existoit d’autres livres antérieurs qui ont disparu.

La perte de tous les registres et papiers appartenant à cette Société que l’on date depuis l’an 1688 a enlevé tout moyen de produire les sanctions dont elle étoit revêtue. Il n’y a pas de doutes qu’elle en eut de très positives, puisqu’un Seigneur Baillif Morlot en préfecture à Chillon en l’an 1644 l’appuya fortement contre un particulier qui avoit négligé la culture d’un de ses vignes ; qu’il parut dans tous ses temps dès lors que les Seigneurs Baillifs l’ont décidément protégée, étant instruits entr’autres qu’un Seigneur Baillif s’étoit mêlé à ses plaisirs et avoit mangé avec la Société en Corps dans un de ses jours de fête, d’ailleurs on ne trouve pas de sanction positive.

Il est apparent que les Règlements primitifs de cette confrairie lui ont été enlevés avec tous les Registres et Papiers antérieurs à l’an 1644 toujours par la même incendie de 1688 cependant elle a constamment marché d’un pas assuré dans ses Délibérations, dans ses promenades publiques, dans l’exercice des ses fonctions dont on va bientôt parler comme si elle avoit toujours sous es yeux un Code et des Réglements bien assis et bien positifs, tellement que l’on voit dans plusieurs endroits que sous le titre de Noble Société les membres sont celui de frères et frères moines et le Président sous celui de Révérendissime Seigneur Abbé, la confrairie avoit un Procureur fiscal et un Héraut. Qu’elle établissoit des tuteurs aux mineurs enfants de frères, s’en faisoit rendre compte ; tenoit est il dit des causes, elle s’attachoit à celles d’insulte et même d’honneur. Ces exemples sont très fréquents [87] dans les manuaux et l’on ne voit pas qu’aucun de ceux qui y étoient appelés ait décliné cette espèce de Tribunal. On observera encore que son Conseil étoit composé de bien des personnes notables du lieu, et sans variation elle a exercé le droit d’inspecter la Culture des fonds du District de Vevey et de ses environs. Qu’elle a souvent fait cultiver des vignes négligées, par les frères qui y alloient tambour battant et drapeau déployé, que l’on plantoit sur la vigne en signe du droit de possession au moins de la récolte aussi loin que l’on peut remonter cette visite de vignoble s’est faite exactement toutes les années.

Cette Société a encore à présent comme toujours un Conseil de 12 personnes non compris les Conseillers de Police qui sont membres de la Société sous l’autorité du Seigneur Baillif Nicolas Jenner il fut établi un Rière- Conseiller qui représente le Corps général pour tout ce qui est relatif à l’administration des petits revenus de la Société laquelle a aussi un Receveur sous le titre de Connétable.

Cette Confrairie fait actuellement deux visites du vignoble par année, la première pour examiner si la taille a été faite convenablement et la dernière au commencement de juillet, époque où tous les gros ouvrages doivent être finis et l’on à un soin tout particulier à examiner les vignes appartenant à LL.EE. dont le rapport est donné par écrit au Seigneur Baillif ; elle examine aussi très expressément les vignes appartenant au Charitable Hopital de cette Ville et en donne de même une relation à Monsieur le Commandeur qui est lue en Conseil de Police le jour que l’on fait le grabeau des Vignerons. Chaque jour de visite des vignes, les préposés pour cela font un chétif diné auquel est invité Monsieur le Commandeur qui pour marquer la satisfaction du Publique donne au Receveur six francs outres les semesses. Autrefois elle faisoit sa promenades soit Parade toutes les années, ensuite on l’a faite seulement une fois toutes les trois années, depuis peu elle a été fixées à 6 années [88] et elle ne seroit renvoyée qu’autant qu’elle se rencontreroit sur une année de calamité. Les trois principaux de (sic) curiosité dans cette Parade sont Bacchus et Cérès accompagnés de leurs attributs et de deux troupes qui font leurs Service.

Les cultivateurs qui se sont distingués marchent à la tête de cette Parade dans une espèce de triomphe et sont invités au Diné de la part de la Société avec ceux qui en ont fait le principal ornement. Ce Diné n’est que d’usage et par souscriptions vu que cette Société n’a pas des fonds pour le rendre général et périodique. C’est ce même manque de fonds qui a empêché les Conseils de cette Confrairie de parvenir au but désiré depuis bien des années, qui seroit de donner des Primes aux meilleurs cultivateurs. Ce but ne se perdra jamais et si une fois la Société peut trouver des moyens de grossir ses capitaux, elle le développera d’une manière bien encourageante pour l’agriculture et bien avantageuse pour les vignerons qui se verront distinguées jusqu’à présent on n’a pas eu le bonheur d’y réussir.

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